Par Élise-Marie Barthélémy-Laroche · · 7 min de lecture

La kératine est une protéine présente dans les cheveux, les ongles et la peau. Sa présence dans un complément alimentaire ne suffit pourtant pas à établir un résultat sur la chute, la pousse ou la densité capillaire. Avant de comparer les formules, il faut distinguer la nature de l’ingrédient, la composition complète du produit et le problème réellement observé.
Autre distinction essentielle sur un site consacré au chanvre : un complément de kératine sans CBD et un produit à avaler contenant du CBD ne relèvent pas du même cadre. Les deux catégories ne doivent pas être confondues.
La kératine du cheveu n’est pas celle qui arrive intacte dans l’assiette
La kératine est une scléroprotéine, autrement dit une protéine fibreuse structurelle. Elle se compose de chaînes d’acides aminés, avec notamment des acides aminés soufrés comme la cystéine et la méthionine. Les ponts disulfure établis entre certaines parties de ces chaînes participent à l’organisation de la fibre capillaire.

Biocyte décrit les cheveux comme composés à près de 95 % de kératine. Ce chiffre renseigne sur leur composition, pas sur l’intérêt d’une supplémentation. Un constituant abondant dans un tissu n’est pas nécessairement un ingrédient dont l’ingestion produit un changement visible dans ce tissu.
Kératine brute et kératine hydrolysée : une différence de structure
La kératine native, parfois appelée brute, possède une structure compacte. L’hydrolyse fragmente cette protéine en éléments plus petits, notamment des peptides. La mention kératine hydrolysée décrit donc une transformation de l’ingrédient ; elle ne constitue pas, à elle seule, une preuve de résultat sur les cheveux ou les ongles.
Après ingestion, les protéines passent par la digestion. Il serait trompeur d’imaginer que la kératine d’un complément traverse l’organisme intacte pour se fixer directement sur une pointe abîmée. La digestion, l’absorption et l’utilisation des constituants protéiques sont des étapes distinctes, que les présentations commerciales simplifient parfois excessivement.
Complément oral et soin externe ne sont pas interchangeables
Un shampoing ou un masque contenant de la kératine est un produit cosmétique appliqué sur la fibre. Un complément alimentaire relève de l’ingestion. Le même nom d’ingrédient ne rend donc ni leurs usages ni leurs évaluations équivalents. Pour un cosmétique, examinez la liste INCI et les précautions ; pour un complément, examinez l’étiquetage alimentaire, les ingrédients et les avertissements.
Casse et chute : deux observations à ne pas mélanger
Des fragments courts retrouvés sur les vêtements, des longueurs irrégulières ou des pointes dédoublées ne correspondent pas à la même observation que des cheveux entiers tombant depuis le cuir chevelu. Cette différence compte davantage que le mot « kératine » imprimé sur un emballage. Elle évite d’attribuer automatiquement toute modification capillaire à un manque de cette protéine.
Recommandations de l’Anses sur les compléments alimentaires pendant la grossesse — Découvrez les risques évalués par l’Anses et ses conseils pour éviter de multiplier les sources de vitamines et minéraux durant la grossesse.
Imaginez le cheveu selon un axe allant du cuir chevelu jusqu’à la pointe : la position de l’anomalie devient une information. Une rupture localisée sur les longueurs invite à décrire les gestes, les frottements et les traitements appliqués à cet endroit ; une modification visible près des racines appelle une autre évaluation. Localiser avant de comparer les produits permet de transformer une impression vague en observation exploitable par un professionnel.
Le cheveu comporte trois couches : la cuticule, le cortex et la moelle, cette dernière étant surtout présente dans les cheveux épais. Une photographie de pointes abîmées ne renseigne donc pas, à elle seule, sur ce qui se passe dans le follicule où se forme le cheveu.
- Notez si vous observez des cheveux entiers ou surtout des fragments.
- Repérez les zones concernées : pointes, longueurs, raie ou plaques localisées.
- Relevez les changements récents : coloration, décoloration, coiffures très serrées ou utilisation de chaleur.
- En cas de chute importante, soudaine, persistante ou accompagnée de lésions du cuir chevelu, consultez un médecin.
Des ongles dédoublés ou un changement de l’aspect de la peau ne permettent pas davantage de diagnostiquer une carence. Leur coexistence mérite d’être signalée lors d’une consultation, sans en déduire soi-même la nécessité d’une cure.
Une étiquette précise vaut mieux qu’une promesse spectaculaire
Une formule se compare sur des informations vérifiables. Le terme « premium », un brevet ou une récompense commerciale ne remplacent pas une composition détaillée. La transparence concerne aussi les excipients, l’enveloppe du produit et l’identité de l’opérateur responsable.
| Élément à examiner | Information à rechercher | Limite à garder en tête |
|---|---|---|
| Forme de kératine | Mention native ou hydrolysée | L’hydrolyse ne prouve pas un résultat clinique |
| Origine | Matière première et provenance déclarées | Une origine imprécise empêche de vérifier certaines exigences alimentaires |
| Composition complète | Ingrédients, excipients et allergènes | La face avant de l’emballage ne suffit pas |
| Traçabilité | Lot, fabricant et coordonnées du responsable | Une formule attractive ne remplace pas ces informations |
| Justification des annonces | Étude identifiable et formule effectivement évaluée | Un résultat sur un mélange ne peut pas être attribué automatiquement à la kératine |
La kératine est une protéine animale. Une présentation « végétale » demande donc une clarification : s’agit-il réellement de kératine, ou d’un mélange d’acides aminés et de protéines végétales utilisant cette dénomination commerciale ? Vérifiez également l’enveloppe et les autres ingrédients avant de conclure à la compatibilité avec un régime végétarien ou végétalien.
Biotine, zinc, sélénium, vitamines B et vitamine C apparaissent dans différentes formules. Leur accumulation ne démontre pas la supériorité d’un produit. Elle impose surtout de repérer les doublons avec les autres compléments déjà utilisés et de faire vérifier l’ensemble par un pharmacien.
Chiffres, durée de cure et précautions : garder les bons repères
Onatera rapporte une réduction de la perte de cheveux de 43,1 % et une diminution de 12,5 % de la perte d’eau transépidermique dans des études citées dans son contenu. Ces chiffres ne constituent pas une démonstration générale applicable à tous les compléments de kératine. Leur interprétation exige de connaître la formule étudiée, les participants, le comparateur, la durée et la méthode de mesure.
Une annonce chiffrée isolée ne permet pas non plus de prédire un résultat individuel. La perte d’eau transépidermique est une mesure portant sur la peau ; elle ne renseigne pas directement sur la densité capillaire. Il faut conserver cette séparation entre les critères évalués.
Il n’existe pas de calendrier universel à déduire du seul nom de l’ingrédient. La quantité, le moment de prise et les éventuelles pauses ne doivent pas être copiés d’une autre formule. Pour un complément sans CBD, faites examiner l’étiquette par un professionnel, particulièrement pendant la grossesse, l’allaitement, en présence d’une maladie, d’une allergie ou d’un traitement. En cas de réaction après utilisation, interrompez le produit et demandez conseil.
Enfin, le cadre français applicable au CBD doit rester distinct : depuis le plan de contrôle du 15 mai 2026, les produits au CBD destinés à être avalés ne sont plus tolérés à la vente. Une association « kératine et CBD » en complément oral n’est donc pas une alternative à rechercher. La démarche pertinente reste de clarifier le problème observé, de vérifier la composition et de consulter lorsque les changements persistent.
- Kératine en complément alimentaire : ne confondez pas casse, chute et promesses - 3 novembre 2026
- Un seul soin au CBD suffit pour commencer une routine beauté quotidienne - 2 novembre 2026
- Complément alimentaire et constipation : les différences à vérifier entre fibres, probiotiques et laxatifs - 2 novembre 2026



